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L’antenne nautique rebaptisée en hommage à Louis de Corlieu, samedi 9 juin


Jean-François Irigoyen a dévoilé la nouvelle plaque de l'antenne nautique rebaptisée ce matin Antenne nautique Louis de Corlieu.

La ville rend ainsi hommage à Louis de Corlieu, Capitaine de corvette (1888-1967), inventeur des palmes de natation. Il effectua ses premiers essais dans la baie de Saint-Jean-de-Luz entre le 10 et le 13 juin 1933.

Avant cela, 85 ans après Louis de Corlieu les démonstrations faites par Louis de Corlieu qui avait aussi palmé de la baie de Saint-Jean-de-Luz à Hendaye, 5 nageurs (dont Peyo Lizarazu, Gwenael qui vient de traverser l'Atlantique à la rame-, Christophe, champion du monde de sauvetage côtier) ont relié à la nage Saint-Jean-de-Luz à Hendaye en 2 heures.

 

Louis de Corlieu

Capitaine de corvette de réserve, Louis de Corlieu fut très marqué par le dramatique naufrage d'un cuirassé coulé par une mine qui fit 648 victimes aux Dardanelles en 1915 et par une série d'accidents d'avions survenus dans l'Atlantique dans les années 1920. Il a cherché à créer un équipement, combinaison et premières plames, pour permettre aux membres d'un équipage tombés en mer de survivre.

Né en 1888, passionné de natation depuis l'enfance, Louis de Corlieu avait intégré l'école Navale en 1906. Il termina la Première Guerre mondiale avec le grade de lieutenant de vaisseau, la Légion d'honneur et une citation à l'ordre de la brigade après avoir servi sur le cuirassé Latouche-Tréville et avoir commandé un torpilleur à Dunkerque. Féru de technique et d'invention, il avait, dès 1913, déposé un brevet d'amélioration des moteurs diesel, étudié en 1917 un mécanisme de réglage en profondeur pour grenades anti-sous-marines et il avait conçu en 1924 un système de catapulte pour avions embarqués.

Sa vraie passion était toutefois l'étude des techniques de survie en mer. Afin de pouvoir s'y consacrer entièrement, il avait demandé à être versé en 1925 dans le cadre de réserve. Depuis 1914, il travaillait à l'élaboration d'engins aquatiques permettant à un nageur d'avancer plus vite dans l'eau.

Près de 20 ans après avoir conçu son premier prototype de propulseurs aquatiques, fort de multiples essais conduits devant des spectateurs surpris ou hilares, en piscine et sur divers cours d'eau, dont le fleuve Congo, Louis de Corlieu estima que son invention devait être au point. Il convenait de l'expérimenter en mer en conditions réelles devant les autorités officielles de la marine pour la faire adopter.

Pourquoi le choix de Saint-Jean-de-Luz ? A cette époque, l'apprentissage de la natation en France était encore balbutiant. En 1933, Saint-Jean-de-Luz était en pointe dans les domaines de la natation, du sauvetage aquatique et des débuts de la plongée.

C'est donc le 10 juin 1933 au soir que Corlieu testa son dispositif à l'intérieur de la baie. Une fuite dans sa combinaison l'obligea à interrompre l'expérience au bout de neuf heures. Après quelques autres tests, le 13 juin, c'est l'épreuve ultime : une liaison Saint-Jean-de-Luz - Hendaye, à la palme, en autonomie, soit près de huit kilomètres au large le long de la côte. La température de l'eau n'est que de 12° et la mer est agitée, ce qui n'effraie pas notre inventeur qui pense que sa démonstration n'en sera que plus probante. Au bout de six heures et demie d'efforts ininterrompus, il doit s'arrêter, mais sa démonstration est concluante : sa combinaison et ses palmes révolutionnaires permettent de rester longtemps dans l'eau et de s'y déplacer sur de longues distances.

Louis de Corlieu se démena pour promouvoir son invention, que, faute d'industriel intéressé, il fabriquait de manière artisanale dans son appartement parisien (au grand dam de sa femme et du voisinage incommodés par le bruit et les odeurs des produits chimiques) et qu'il vendait directement via des annonces dans la presse. En 1939, il céda les droits de fabrication de ses palmes pour les États-Unis à l'homme d'affaires californien Owen Churchill. Celui-ci leur apporta quelques améliorations et les lança sur le marché américain en 1940 où elles connurent un grand succès. Elles équipèrent rapidement les nageurs de combat de la Deuxième Guerre mondiale et permirent, une fois la paix retrouvée, l'extraordinaire développement de la natation, du body surf, du sauvetage aquatique et de la plongée sous-marine avec un autre marin, le célèbre commandant Cousteau qui déclara en 1956 : " sans (ces palmes), on n'aurait rien pu faire ".

Durant le reste de sa vie, Louis de Corlieu se ruina en intentant des procès interminables aux nombreux contrefacteurs de sa trouvaille dont il avait d'emblée compris toutes les répercussions. Mort méconnu en 1967, il ne tira ni gloire ni fortune de son invention extraordinaire.